Le Sourire : un échange silencieux entre soi et l’autre ? – 1/33 –

C’est l’histoire d’un jeune homme, tout juste sorti d’une adolescence qu’on pourrait qualifiée de difficile. Un temps où il a eu du mal à prendre sa place, à entrer en contact avec des jeunes de son âge, à faire la fête. Un jeune homme qui se sent depuis qu’il est naît, comme étant « un peu à côté ». Un peu à côté de ses pompes, un peu à côté de sa Vie qu’il sent ailleurs qu’ici. Pourtant, il est là et il doit bien faire avec ça.

Un matin d’automne en discutant avec une amie – peut être la seule qu’il ai d’ailleurs – elle lui fit cette réflexion, directe et un peu tranchante :

  • Dis Benji, tu sais que si tu continues à tirer la gueule comme ça, tu risques de finir tout seul. Le sourire, tu connais ? Ce mouvement du visage qui fait que la commissure de tes lèvres s’étire de part en part de ton visage. Tu vois, comme ça, dit-elle en lui faisant un sourire forcé.

Benji est un peu interloqué.

  • Qu’est ce que tu racontes, je ne suis pas entrain de tirer la gueule, je suis bien là.

Ils finiront la conversation emprunte de banalités et chacun reprendra le fil de sa journée. Benji est tout de même un peu secoué. Qu’est ce qu’elle a bien voulu dire ?

  • – Je souris moi, non ? se questionne-t-il intérieurement.

Et il a commencé à s’observer. C’est vrai, il ne sourit pas tant que ça. Un peu comme caché derrière un masque rigide qui ne laisse rien passer. L’intérieur et l’extérieur sont comme coupés, séparés. Le personnage qui paraît est bien différent de celui qui est. Rien ne rentre, rien ne sort ; l’échange et la rencontre n’ont pas lieu.

Benji se ressaisit et prend une décision. Celle d’essayer – allons y doucement – de faire des sourires aux gens.

Il commence dans le bus, en saluant le chauffeur, les autres passagers. Il se sens comme un imposteur avec son sourire forcé et gêné, qui de l’extérieur, doit bien être perçu comme n’ayant aucune profondeur. Comme un bébé qui apprend à marcher et qui passe du temps à tomber et se relever, Benji continue de sourire même si parfois il se demande pourquoi il fait ça.

Et puis, cela se produit, quelqu’un lui rend son sourire. Benji n’en revient pas de l’effet que cela lui fait, de ce qu’il sent, à l’intérieur de lui. Il est comme transporté, comme un frôlement du vent sur le visage, comme une caresse soutenante, comme si la joie reprenait contact avec lui.

Cette expérience l’ayant profondément marqué, Benji a continué de sourire. Même s’il n’y arrive pas tous les jours, il aime cet échange et ce que cela produit en lui de sourire à quelqu’un. Cela réchauffe à l’intérieur.

« Un sourire ne coûte rien à celui qui le donne,

et peut avoir une valeur inestimable pour celui qui le reçoit »

Inconnu

 

E.E. Octobre 2017

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